Au moment de l'examen du
projet de loi d'orientation agricole, tous les ingrédients étaient réunis pour
évoquer les vrais enjeux auxquels l'agriculture française est
confrontée :
-
Les crises sectorielles à
répétition sont toujours plus graves (lait, viticulture, fruits et légumes,
volaille, etc.)
-
La réforme de la PAC est
contestée avant même son application
-
Les négociations à l'OMC
s'engagent scandaleusement vers le démantèlement du reste de la préférence
communautaire.
Or les débats à l'Assemblée
Nationale et au Sénat ont été assez éloignés de ces enjeux économiques majeurs
pour l'agriculture française, le projet de texte relevant il est vrai, plus
d'une loi d'adaptation que de véritable orientation de l'agriculture.
De ce fait, n'ont pas été
inscrites dans la loi les avancées nécessaires sur ces 3
points :
-
la contractualisation, pour mieux
répondre aux attentes des clients finaux
-
le regroupement de l'offre face à
des clients de plus en plus concentrés
-
les moyens de promotion et
d'exportation de l'agroalimentaire français.
Ainsi, face aux positions
divergentes de la profession, et dans un souci affiché de libéralisme,
l'Assemblée nationale a considérablement affaibli la portée du dispositif de
l'organisation économique prévu à l'article 14 de la LOA, en acceptant de
reconnaître " Organisation de producteurs " toutes sortes de
" machins " n'apportant aucune réponse de structuration des
filières.
Il s'agit là d'une grande
occasion manquée et qui coûtera cher dans un contexte de durcissement de la
concurrence internationale...
Par ailleurs, le Sénat a
souhaité élargir à l'agriculture le 1% logement. Si les coopératives étaient
prêtes à étudier les modalités d'amélioration des conditions de logement de
leurs salariés, elles s'indignent devant la méthode retenue pour introduire
cette mesure, décidée au mépris de toute concertation.
Coop de France se félicite
cependant de l'avancée notable en faveur des coopératives, à l'article 16, avec
la création du Haut Conseil de la Coopération agricole, et les nouvelles
dispositions de répartition des résultats, qui renforceront la transparence au
sein des coopératives.
Après
le vote au Sénat et avant le passage en Commission Mixte Paritaire, Philippe
Mangin, Président de Coop de France, a déclaré : " Je salue une
nouvelle fois la détermination du Chef de l'Etat et du Gouvernement pour
défendre la place de l'agriculture européenne dans le monde. Mais je ne rêve
pas... au retour à une agriculture plus protégée. J'en appelle donc à la
responsabilité des agriculteurs à s'organiser plus et mieux, et à celle des
coopératives pour redoubler d'efficacité dans la conquête de valeur ajoutée et
de nouveaux marchés. Je souhaite que le Ministre de l'Agriculture facilite
toutes les actions qui iraient dans ce sens. "