Etats généraux de l’alimentation

lundi, 31 juillet 2017

Etats généraux de l’alimentation


La feuille de route de Coop de France :

une nouvelle ambition pour des filières alimentaires performantes
Les Etats généraux de l’alimentation lancés par le président de la République Emmanuel Macron le 20 juillet, suscitent une grande attente de la part des agriculteurs comme des consommateurs, tant l’alimentation est à la fois un enjeu économique, social et culturel. Les Etats généraux de l’alimentation ont affiché comme question centrale la rémunération des agriculteurs, dans un contexte économico-sociétal en plein bouleversement.
Or, chacun est aujourd’hui convaincu que la rémunération des agriculteurs sera, demain, plus liée à la capacité des entreprises à créer de la valeur, qu’à la capacité des politiques publiques à mobiliser des subventions.
Dans ce cadre, Coop de France est animée par quatre convictions quant à la création de valeur :

1. L’agriculture a besoin d’une ambition et donc de nouveaux horizons. Cela se traduit en premier lieu par la conquête de marchés, qu’ils soient locaux, européens ou internationaux, qu’ils soient basés sur des circuits courts ou des circuits longs, qu’ils reposent sur de l’agriculture conventionnelle ou biologique. Ces marchés sont, bien entendu, intimement liés aux attentes des consommateurs-citoyens.

2. L’agriculture a besoin de s’interroger sur sa performance et sa compétitivité : cette dimension dépend des décisions de l’Etat, mais également des actions engagées par les acteurs des différentes filières. En effet, il convient de rappeler que toute création de valeur ne pourra durablement masquer une trop faible compétitivité.

3. Le partage de la valeur au sein de la chaîne alimentaire ne se traitera pas seulement par la loi, mais par de nouvelles relations commerciales garanties par un poids économique renforcé des agriculteurs.

4. Enfin, il ne pourra y avoir de création de valeur sans un environnement économique mieux stabilisé pour nos entreprises. Le développement de nouveaux outils de gestion des risques et des aléas est, à cet effet, indispensable.

Nous proposons ainsi une démarche d’analyse systémique fondée sur quatre enjeux (cf. schéma).


Si chacun d’entre eux est essentiel à l’équilibre du tout, certains pourront être traités au sein des Etats généraux, alors que d’autres pourront être analysés au travers de démarches complémentaires.
Dans le cadre de ces travaux, nous demandons la prise en compte du modèle coopératif.
Les coopératives agricoles et agroalimentaires, dont 90 % sont des PME-TPE, sont la propriété des agriculteurs. Elles renforcent leur poids économique et constituent leur premier outil de gestion des risques. Grâce à leur mode de gouvernance spécifique (principe une personne/une voix, réserves impartageables, ancrage territorial, double qualité de l’adhérent, etc.), elles sont pleinement impliquées dans l’économie sociale et solidaire.
Leurs spécificités, mais également leurs atouts, doivent pouvoir être pleinement considérés. C’est ainsi que les points suivants sont plus particulièrement soulignés :

ENJEUX PRIORITÉS DE COOP DE FRANCE
Les marchés La différenciation coopérative
La triple performance et la compétitivité La baisse des charges (transformation du CICE)

La participation à l’élaboration d’un nouveau contrat de filière IAA

L’accompagnement des exploitations agricoles

Les relations commerciales L’organisation économique
La gestion des risques La mutualisation

Les coopératives agricoles et agroalimentaires, acteurs majeurs des filières alimentaires dans les territoires, souhaitent saisir ce temps fort des Etats généraux de l’alimentation pour faire plusieurs propositions constructives en partant du constat opérationnel de nos agriculteurs et industriels, des évolutions de leurs savoir-faire, mais également des attentes consommateurs.
À la fois fournisseur de produits agricoles bruts aux IAA, d’ingrédients et de produits finis à marque nationale ou marque distributeurs, à la distribution, aux circuits spécialisés et à la restauration hors domicile, la coopération agricole qui oriente également ses stratégies à l’export, bénéficie d’une vision à 360° des enjeux alimentaires. Notre approche part donc des attentes du marché pour adapter la production agricole et industrielle des produits alimentaires. Les pratiques agricoles, tout comme les outils industriels, ont ainsi connu des évolutions importantes au cours de ces dernières années, encore mal appréhendées des parties prenantes.
Pour développer des filières alimentaires performantes, nous proposons de favoriser 3 axes d’actions constructives qui ne sont pas systématiquement des mesures législatives. En effet, nous voulons actionner le levier de la responsabilisation des acteurs en les encourageant à engager et développer des démarches pour :

1. Redonner confiance au consommateur par une transparence sur le savoir-faire et les qualités produit

• Rappels des attentes consommateurs
• Les atouts de la traçabilité et qualité sanitaire des produits alimentaires français
• Les avantages de l’étiquetage d’origine
• Les enjeux de l’étiquetage nutritionnel
• Le futur PNNS et les repères nutritionnels
• Les limites de l’affichage environnemental
• Les coopératives agricoles actrices du bien-être animal.

2. Créer de la valeur pour mieux la partager

• L’alimentation a un prix
• L’alimentation doit être compétitive tout en répondant aux attentes protéiformes des consommateurs
• La compétitivité est un enjeu majeur pour les filières alimentaires
• La rémunération équitable de l’agriculteur est fondamentale
• Les engagements environnementaux et énergétiques doivent faciliter les transitions
• Les démarches RSE doivent contribuer à la création de valeur
• Les attentes relatives à l’offre bio française doivent être satisfaites
• Les coopératives agricoles stimulent les signes de qualité.

3. Garantir une loyauté des relations commerciales en changeant de paradigme

• Un besoin de simplification et de cohérence du cadre légal des pratiques restrictives de concurrence
• La poursuite nécessaire des actions du ministre pour rééquilibrer les forces en présence
• Une nécessité impérative de faire évoluer les comportements d’achats
• Les avantages de la contractualisation
• Une évolution indispensable de l’interprétation du droit de la concurrence.

Le calendrier des Etats généraux

Les Etats généraux de l’alimentation ont été ouverts par le Président de la République le jeudi 20 juillet à Paris. Olivier de BOHAN, vice-président de Coop de France, y représentait Coop de France.
Les travaux des Etats généraux de l’alimentation s’articuleront autour de deux chantiers et d’une consultation publique en ligne et dans les territoires :

1. Le chantier prioritaire de la création et de la répartition de la valeur du 17 juillet au 30 septembre,
2. Une consultation publique au cours de l’été en ligne, couplée avec des débats organisés dans les territoires,
3. Un second chantier sur une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous du 1er septembre au 30 octobre.

Les chantiers seront subdivisés par ateliers thématiques (8 ateliers pour le 1er chantier, 6 pour le second) :

Le chantier de la Création et de la répartition de la valeur

Atelier 1 : Mieux répondre aux attentes des consommateurs en termes de qualité, d’environnement et d’innovations.
Atelier 2 : Développer les initiatives locales et créer des synergies.
Atelier 3 : Développer la bio-économie et l’économie circulaire.
Atelier 4 : Conquérir de nouvelles parts de marchés sur les marchés européens et internationaux.
Atelier 5 : Préparer l’avenir : Quels investissements, quel accompagnement technique et quelle recherche ?
Atelier 6 : Rendre les prix d’achats de produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs.
Atelier 7 : Adapter la production agricole aux besoins des différents marchés et aux besoins des transformateurs.
Atelier 8 : Améliorer les relations commerciales et contractuelles entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs.

Le chantier Alimentation saine, sure, durable et accessible à tous

Atelier 1 : Assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation dans une économie agro-alimentaire mondialisée et dans un contexte de changement climatique.
Atelier 2 : Améliorer l’offre alimentaire et réduire les inégalités sociales et territoriales.
Atelier 3 : Mieux informer le consommateur pour qu’il adopte un comportement alimentaire plus favorable à la santé.
Atelier 4 : Lutter contre le gaspillage alimentaire.
Atelier 5 : Réussir la transition écologique de notre agriculture.
Atelier 6 : Renforcer l’attractivité des métiers de l’agriculture et des filières alimentaires et développer la formation.

En Auvergne-Rhône-Alpes, le préfet de Région organise une rencontre régionale des Etats généraux de l’alimentation le mercredi 6 septembre avec 3 ateliers :

1. Elaboration d’un prix rémunérateur ?
2. La différenciation : source de valeur ?
3. Les opportunités à saisir (Export RHF)

Coop de France ARA contribue à l’organisation de cette journée et sera représentée par une délégation d’élus.

Jean de Balathier